Jour 15 : la colline aux coquelicots et la revanche du supermarché

Aujourd’hui nous avons prévu de marcher sur les traces de la Colline aux Coquelicots, dessin-animé de Gorō Miyazaki, fils de son père et que nous trouvons injustement sous-estimé, que ce soit les Contes de Terremer ou a fortiori la Colline aux Coquelicots.
Pour celles et ceux qui ne l’auraient pas vu, il s’agit du quartier « étranger » de Yokohama, le quartier Yamate.
Nous démarrons par le bas, pour remonter tranquillement et commencer à longer des maisons historiques, d’architectures occidentales, puis arriver à la cathédrale de Yokohama : en fait pas plus grande qu’une église, mais symbole du diocèse de Yokohama, séparé de celui de Tokyo en 1937. Si l’extérieur de la cathédrale n’a rien de folichon (elle a été reconstruite), l’intérieur est lumineux et sobre comme j’aime.

Nous poursuivons notre route et longeons à nouveau des propriétés plutôt grandes et d’aspect occidental, pour rejoindre le Harbor View Park, duquel nous pouvons apercevoir de haut toute la baie.
Nous redescendons alors vers le port, profitant de la brise marine, et allons visiter le NYK Hikawa Maru :

C’est réellement impressionnant pour un bateau de 1929 et cela fait tout à fait penser aux cargos et paquebots de Tintin.
Celui-ci a néanmoins la particularité d’avoir servi de bateau hôpital et de bateau de rapatriement pendant la Seconde Guerre Mondiale, pendant laquelle il a survécu à 3 mines marines.

Retour au métro après une pause hydratation, en passant par le stade de baseball où a lieu une sorte de célébration pour la saison du club, en avant match de ce soir. Les résultats du club ne sont pas franchement bons cette saison, mais après tout, comme disent les Japonais : 頑張って!

Nous ne rentrons pas directement à la maison, mais nous arrêtons à nouveau à la boutique Kimijimaya, suite à la déconvenue de la boutique de Ginza d’hier.
Pas de chance : le jeune vendeur anglophone qui nous avait conseillé n’est pas là… Je commence à demander en japonais, mais comme à peu près toujours, si les questions sont potentiellement compréhensibles pour mon interlocuteur, ses réponses le sont beaucoup moins pour moi 🙂
Je ne sais pas si c’est le vendeur ou moi-même qui met la question de l’anglais sur la table, mais en tous cas le vendeur finit par sortir en courant pour attraper un collègue qui avait, semble-t-il, fini son service et venait de partir pour rentrer chez lui.
Réflexe : je repose les questions en japonais… 🙂
Les deux vendeurs sont restés une bonne demie-heure avec nous à discuter et chercher une grande bouteille de Nihonshu de Nihonshudo inférieur à +3 (pas facile apparemment), du vin doux Japonais, une bouteille de umeshu bien sûr, ainsi qu’une bonne bouteille de shōchū pour découvrir quelque chose de qualité concernant cet alcool, souvent associé à de la pochetronnerie (pochetronnade ?) ou à ces cannettes infâmes, aromatisé aux fruits, que l’on trouve dans les supérettes et les supermarchés.
Arrive le patron, qui chambre illico son employé anglophone : parce qu’il fait des heures sup’ ? Parce qu’il utilise son anglais ? Parce qu’il discute avec une femme blonde ? Nous ne saurons sans doute jamais, mais la scène était amusante, surtout dans la façon de l’employé de répondre, non verbalement : « moi ? mais pas du tout ! ».
Nous repartons ravis de cet échange intéressant et plein de promesses de dégustation.
Concernant le service et la relation clients, le débat subsiste toujours sur la sincérité et l’authenticité, rejoignant les concepts de honne et tatemae, mais en tous cas deux choses sont sûres : d’une part cela rend de toutes façons la relation commerciale plus agréable, d’autre part le crédit de la sincérité subsiste, du fait que nous sommes tout de même bien sympathiques et que nous montrons un intérêt pour leur culture et leur activité, tout en faisant l’effort de la langue.

Retour à la maison pour déposer les bouteilles, puis les courses.
Par automatisme, je repasse par le rayon whisky, dans lequel je suis passé systématiquement et sans succès depuis le début de notre séjour…
Par le thyrse de Bacchus et les bijoux du bake danuki ! Il y a 3 bouteilles de Hakushu ! Et un carton, à amener en caisse, pour du Miyagiko !
Une fois en caisse, après une longue absence de la caissière qui revint en se confondant en excuse, il s’avéra qu’il n’y avait point de Miyagiko… tant pis, nous tenons au moins le Hakushu : quelle revanche, pour le supermarché de banlieue, sur les boutiques spécialisées et les grandes enseignes !