Jours 9 et 10 : la désynchronisation des siestes, le temple tout là-haut

Jour 9 : c’est dimanche, il fait beau et chaud.
Le chanceux parmi nous, c’est à dire moi, n’a que les mollets criblés d’impacts de moustique du cru : pour les autres, ce sont presque les jambes toutes entières.

Nous sommes censés visiter aujourd’hui le complexe de temples du mont Nokogiri, où se trouve, notamment, une statue de Bouddha assis de 31 mètres de haut et une statue de la déesse de la pitié, debout, de 30 mètres de haut.

Néanmoins, ce n’est pas ce jour-là que nous irons, car il s’est produit un phénomène – heureusement assez rare – de désynchronisation des siestes : je me lève relativement tôt, mais au moment où le reste de la maisonnée doit se lever, le compte de sommeil n’y est pas encore, alors je laisse dormir : on peut toujours modifier le programme pour une autre activité, moins loin. Mymy et Babichou se lèvent, nous déjeunons à la maison, puis Mymy souhaite attendre que la température diminue un peu, mais moi c’est là que l’envie de sieste me prend en général et ça ne rate pas…
Une fois parti, je suis parti : rendez-vous 3 heures plus tard…
Il n’est alors plus l’heure que d’aller faire un petit tour à une station de métro.
Nous passons notamment par un magasin à 100 yen : sans nous apercevoir qu’il y a en fait plusieurs enseignes au même étage de l’immeuble, nous nous retrouvons dans une enseigne avec des articles d’une autre. Pas d’antivol, pas de portique, pas de vigile : un autre monde.

Jour 10 : le temple tout là-haut

Ce coup-ci c’est la bonne, nous allons au complexe de temples du mont Nokogiri !
Pour ce voyage au rythme lent, c’est un peu l’expédition : métro, train, bus, ferry, téléphérique… et beaucoup de marches 🙂

Le ferry s’impose, pour ne pas avoir à faire le tour de la baie de Tokyo en train :

Et puis c’est amusant, c’est l’aventure, surtout pour le Babichou qui confie très sérieusement : « c’est la première fois que je prends le bateau ! ».

La traversée prend 40 minutes environ et nous débarquons pour le déjeuner : un chirashi (ちらし寿司) excellent et pas cher, comme on aimerait en trouver davantage en France, arrosé d’une stout locale pour moi.

Après une petite marche, mais sous un soleil de plomb, nous arrivons au téléphérique qui nous mènera au pied d’une quantité de marches comme nous n’en avons pas encore goutées cette année. La vue est déjà superbe.


Un baraquement constitue, avant l’effort, le dernier relais avec toilettes et rafraichissements : il appartient à des chats qui dorment, évidemment, où bon leur semble et qui y font travailler quelques humains.

Quelques marches… doux euphémisme. Mais on le sait de toutes façons, c’est toujours comme ça dans les complexes de temples de montagne : il faut des marches, c’est partie essentielle de la chose.
Les vues sont magnifiques, les chemins typiques, mais nous transpirons comme jamais et les kilos en trop se font sentir : c’est le souffle bien court que j’arrive au sommet…





Il reste heureusement un peu du sportif d’antan et la récupération est rapide.
La soif, par contre, persistante : les machines à boisson disposées régulièrement le long du chemin sont une bénédiction.
Les points d’orgue de ce complexe sont une gigantesque statue de Kannon et un bouddha assis qui l’est tout autant :






Au fur et à mesure de la descente, à pieds, nous découvrons des temples, des sanctuaires, des Jizō (地蔵), des représentations de moines :




















Pour repartir, nous ne prenons pas la voie touristique, mais rejoignons la gare voisine de Hota en longeant tout d’abord la côte puis, la départementale sans trottoir ne s’y prêtant pas trop, en reprenant plus à l’intérieur, traversant une campagne typiquement japonaise : petite ligne de train avec passages à niveau, potagers familiaux et petites exploitations maraichères, maisons abandonnées, maisons délabrées, maisons de campagne luxueuses de par la taille et le jardin, arborant quasi systématiquement un écriteau prévenant de la télésurveillance du lieu.
A l’approche de la gare, passant au-dessus d’un cours d’eau, un crabe d’eau douce traverse devant nous, en nous faisant face et en marchant en crabe, évidemment : pendant toute la traversée, il ne nous quitte pas du regard et arbore ostensiblement ses pinces. Ce spectacle est tellement inattendu que nous restons bouche bée et personne n’a le réflexe de le prendre en photo.
La gare de Hota est typique des petites gares de campagne, même si on a déjà connu plus petit.

Nous attendons un peu le train, profitant de la température agréable du soir.
Le train est d’ailleurs plutôt bondé pour une ligne que j’imaginais moins fréquentée, même si elle remonte vers Chiba, que l’on pourrait caricaturer en ville dortoir de Tokyo.
Nous descendons une station plus loin et regagnons le port pour reprendre le ferry qui partira au coucher et arrivera à la nuit de l’autre côté de la baie.


Ce doit être l’heure de pointe à la sortie de la baie de Tokyo : il faut  bien viser pour passer entre les cargos.
De retour à Kurihama, la faim se fait sentir et nous dinons dans un restaurant spécialisé dans les pizza : excellentes et d’une taille adéquate pour ne pas se goinfrer en se contentant d’une, ou en essayer une autre si une deuxième est nécessaire à l’appétit du moment.

Retour à la maison sur les coups de 21h, après une journée bien remplie.
Demain, nous déjeunons avec des collègues de Mymy, avec qui elle va passer l’après-midi, pendant que Babichou et moi irons voir un aquarium.