Jour 6 : shopping lose pour Jack Burton dans les griffes du Mandarin !

Réveil plus tardif que souhaité pour Mymy et Babichou : normal pour Mymy, mais symptomatique pour Babichou, alors je les laisse dormir.
Encore plus que d’habitude, ce voyage est dans l’esprit « slow travel » : nous avons le temps de prendre le temps, alors prenons le.
Le planning initial était : jardin Sankei-en (三溪園), cathédrale du Sacré Cœur de Yokohama, quartier chinois de Yokohama (le plus grand de toute l’Asie en dehors de la « République » Populaire de Chine).
Le jardin étant assez excentré, bien que sur la cote, le planning devient : caviste Kimijimaya, boutique de disque Disk Union spécialisée dans le jazz, quartier chinois.

En partant, nous croisons une des responsables de la playlist de l’été :

A qui voudrait s’attendrir : visionner 1001 Pattes.

Il fait toujours aussi chaud, alors pause boisson fraîche dans une supérette : chose impossible en France, ici on peut acheter à prix raisonnable du café froid en quantité propice à étancher la soif.

Nous commençons ensuite le planning du jour par le caviste Kimijimaya :

C’est apparemment une référence en breuvages japonais, mais également un importateur de vins français depuis 1997. La boutique est typique de toutes ces boutiques du pays dans lesquelles nous pourrions passer des heures : remplies de choses intéressantes et manquant cruellement de place 🙂
Là où en France il y aurait un, maximum deux employés, ils sont ici une bonne demie-douzaine à œuvrer.
Nous commençons par un petit tour du propriétaire : le vin pour Mymy, le sake pour moi. Cela dit, pour le sake c’est assez compliqué : si nous ne sommes pas complètement analphabètes au Japon, nous sommes tout de même sévèrement illettrés et la technologie, si elle a fait un bond de géant depuis notre premier voyage en 2008, ne permet pas encore de déchiffrer les étiquettes calligraphiées.
Je demande donc conseil à un vendeur : je cherche du sake Tedorigawa (voir le documentaire the Birth of Sake visible en France sur Netflix) et Otokoyama (une brasserie de Hokkaido que nous avons visitée et dont plusieurs bouteilles – hélas vides – décorent notre cuisine). Le vendeur, ne parlant pas anglais et moi-même comprenant assez peu de sa réponse, appelle à l’aide un jeune collègue à l’anglais impeccable et super content de pouvoir pratiquer avec nous en discutant à la fois de sake, mais surtout de vin et de vin japonais : certes longtemps après la bière et le whisky, ils commencent à maitriser la vinification.
Nous prenons une bouteille de rouge et une bouteille de blanc.

Nous filons ensuite vers la boutique Disk Union, spécialisée dans le jazz, dans l’espoir d’y trouver les disques de Ryo Fukui (福居良).

Pourquoi un Japonais ? Pourquoi ce Japonais ?
Les Japonais adorent le jazz : si le premier club a été ouvert à Osaka en 1933, c’est l’occupation américaine qui lui a permis de grandir, puis de s’enraciner dans la culture locale avec la création des premières écoles de jazz à la fin des années 60.
Les Japonais adorent le jazz et le pratiquent avec toute leur « japonitude » : goût pour la non symétrie – de l’architecture ancestrale jusqu’au prix Nobel de physique attribué à Yoichiro Nambu pour ses travaux sur la brisure spontanée de la symétrie, en passant par le haiku – et offre pléthorique en instruments de musique de qualité (Yamaha, Tama, Yanagisawa, Ibanez, Pearl, pour ne citer que les plus connues).
Parmi les légions de musiciens de jazz Japonais – j’aurais pu citer Takashi Matsunaga et Shun Ishikawa – ce qui a attiré mon attention chez Ryo Fukui est qu’il est originaire de Hokkaido et a tenu pendant 30 ans un club de jazz à Sapporo – endroit qui m’est particulièrement cher.
Puis j’ai découvert qu’il avait commencé le piano à 22 ans, apprenant en autodidacte.
Son œuvre reste confidentielle : 5 albums, dont un introuvable aujourd’hui.
– Scenery (1976)
– Mellow Dream (1977)
– My Favorite Tune (1995)
– In New York (1999) : live, avec Leroy Williams (d) et Lisle Atkinson (b)
– A Letter from Slowboat (2015) : live au Slow Boat

Malheureusement, ils n’ont plus que Scenery et Mellow Dream en vinyl…
Je fais – à tort ou raison – partie du camp qui considère qu’à mastering égal, le vinyl ne peut physiquement être meilleur que le cd et que ce sont ses défauts qui sont appréciés, en fonction de l’éducation de l’oreille que l’on a reçue, ou de sa propre psychoacoustique.
Tant pis, je me dis que je commanderai via leur site pour faire livrer à la maison au Japon.
Pour la petite histoire : après avoir commencé à vérifier sur leur site et réalisé que les dispos sont plutôt de l’ordre de 3 semaines, je jetterai à tout hasard un œil sur Amazon.fr, sans y croire puisqu’ils n’étaient pas en stock, pour les trouver finalement tous les deux pour un total de moins de 30€… ils m’attendront à notre retour en France.
Le reste de son œuvre est désespérément introuvable aujourd’hui, à moins d’écumer le marché de l’occasion : est-il alors vilain pas beau de céder au piratage ?

D’aucun aura noté que, pour le moment, aucune boutique n’a ce que je demande 🙂

En passant par le stade de baseball de l’équipe locale – les Yokohama Baystars – qui affronte ce soir les Tokyo Giants, nous continuons en direction du quartier chinois :

C’est relativement pittoresque, coloré, mais reste japonais tout de même :















Comme il n’est pas encore tard, nous poussons vers le port, en passant rapidement par le quartier Motomachi, qui abritait autrefois le quartier étranger :

Nous reviendrons dans ce quartier, notamment pour la cathédrale, mais aussi ses maisons typiquement occidentales, sur des pentes que l’on peut apercevoir dans la Colline aux Coquelicots.

Le port, dans sa partie touristique, est une ballade très agréable, avec quelques éléments typiques de la ville :




Nous croisons des teru teru bōzu (てるてる坊主), les poupées de pluie japonaises, suspendues à une fenêtre :

Nous croisons également une salle d’arcade à la gloire de SEGA :

Puis nous repassons alors par le quartier chinois, mais cette fois de nuit :

Ayant promis au Babichou que nous y mangerions « quelque chose de typique », nous essayons de trouver un restaurant, mais ce n’est pas facile : les prix sont doublés ou triplés par rapport au standard. Il y a certes des établissements de réelle gastronomie chinoise, mais également les premiers cas d’attrape-touriste rencontrés en 9 voyages…
Néanmoins, si on sait pousser un peu plus loin et un peu à côté, on peut trouver quelque chose d’abordable : c’est un boui boui, le patron aussi sympathique que la patronne ne l’est pas, où on a tout de même l’instant de doute (tourista avant d’atteindre la maison ou pas ?) et où nous avons la visite d’une petite souris qui fait autant la joie du Babichou qu’elle aurait pu faire fuir le reste de la clientèle si elle l’avait aperçue 🙂
Le repas est savoureux et généreux, bien plus que ne laissait supposer les photos du menu.

Pour rentrer, nous longeons à nouveau le stade de baseball : le match se termine et grâce au Babichou qui a demandé à passer un moment à jouer dans le square attenant, nous sommes aux premières loges (surtout lui tout en haut de la cage à écureuil) pour assister à un superbe feu d’artifice de fin de match.

Nous différons le retour au métro, pour laisser passer la ruée des spectateurs et faire une pause « meilleure glace du monde du 7 Eleven » : granité vanille, lait concentré sucré, morceaux de fruits (fraise, ananas, clémentine).
Malgré cela, le métro est tout de même bien bondé : Yokohama s’est incliné 3 points à 2, mais les supporters ne semblent pas accablés.