Jours 22 à 30 : Nagoya, une ville sous-estimée

Moins spirituelle que Kyoto ? Moins mégapole que Tokyo ? Sans doute, mais peut-être justement un bon compromis entre les deux.
A 30 minutes de métro du centre, nous logeons dans un quartier résidentiel, plus « contemporain » autour des grands axes routiers avec des immeubles d’habitation, plus « traditionnel » dès qu’on s’en éloigne à peine, avec ses pâtés de maisons.
La grande différence avec Kyoto et Tokyo est sans aucun doute la place : Nagoya profite de sa situation dans une des trois plus grandes plaines du Japon, la plaine de Nobi, pour prendre ses aises et respirer.
Rien d’étonnant du coup à y trouver des petits jardins potager, de grandes aires de jeu pour les enfants et même les plus grands, avec possibilité de faire du barbecue.
Il faut vraiment se rapprocher de l’hyper centre pour retrouver une forêt de gratte-ciel comme on en trouve à Tokyo.
Mais du coup cette diversité de l’offre en termes d’espaces et de types d’habitation est intéressante.

Y a-t-il eu du shopping ?
Oui, il y a eu du shopping, Nagoya offrant autant que Tokyo dans ce domaine : nous avons pu trouver, à des prix fort intéressants par rapport aux standards locaux, des coffrets blu-ray et cd de Gundam 00.
Nous sommes également passés par des magasins à 100 yens, passage presque imposé pour le touriste occidental 🙂
Un autre épisode shopping « pratique » a été de trouver un sac de sport, dans le but d’y caser un maximum de vêtements et libérer poids et place dans les valises pour y mettre les souvenirs : ce fut l’occasion de passer par un centre commercial, d’habitude bien à l’extérieur des villes et accédés uniquement en voiture, mais ici à Nagoya – du fait de la place sans doute – il y en a plusieurs qui sont intra muros.

Y a-t-il eu des visites culinaires ?
Oui, il y a eu des visites culinaires, notamment de la brochette, y compris dans des restaurants ne parlant pas un mot d’anglais.
Nous avons néanmoins goûté une spécialité locale : le miso katsu, variante à la sauce miso du porc pané.
Petite anecdote sur le café : on trouve du café tout fait dans les supermarchés et les supérettes, en bouteille plastique ou carton, plus ou moins fort voire décafféiné.
C’est très pratique et selon les marques, c’est également suffisamment bon : certes je retrouverai avec plaisir les capsules de Darkan à la maison, mais bu froid et en quantité par cette chaleur estivale, ça le fait carrément.
Le hic, c’est l’éternelle question : « être ou ne pas être ? », comprendre « sucré ou non sucré ? ».
J’ai horreur du café sucré, je n’en comprends même pas l’intérêt, puisque l’intérêt du café c’est son amertume non ?
Bref, il faut toujours prêter attention au café que l’on achète, puisque ce n’est pas toujours clair.
Si la bouteille comporte le kanji 甘 (ama), pas de doute : c’est sucré.
Mais il arrive que ce kanji n’y figure pas et qu’il le soit aussi : je me suis à nouveau fait avoir une fois… un jour j’arriverai à percer ce mystère et j’écrirai une monographie de référence sur le sujet.

Et les visites ?
Tout d’abord le chateau, en tous cas sa reconstruction moderne de ce qu’il a été avant la seconde guerre mondiale, où sont exposées les nombreuses pièces qui ont pu être sauvées des bombardements.
Ensuite le museum des sciences et son planetarium, un des plus grands du monde : notre première tentative est infructueuse, les séances ayant été prises d’assaut.
Notre deuxième tentative, à l’ouverture, nous permet tout de même d’avoir une séance à un horaire intéressant, et de profiter du musée en attendant : l’exposition temporaire sur l’exploration japonaise de l’Antarctique est très intéressante, d’autant plus qu’elle nous remémore un drama que nous avions beaucoup apprécié – Nankyoku tairiku – sur l’histoire célèbre au Japon des deux chiens Taro et Jiro.
Le planetarium ne nous a pas déçu, avec notamment une séquence « je voyage d’une planète à l’autre » vraiment bluffante.

Les excursions en dehors de Nagoya ?
La position centrale de Nagoya permet d’atteindre dans la journée aussi bien les Alpes Japonaises, que la péninsule d’Ise.
Nous avons commencé par un autre musée en plein air, cette fois consacré à l’ère Meiji : le Meiji mura (博物館明治村), à Inuyama (犬山市).
Le parc est vraiment immense et rassemble de très nombreux bâtiments illustrant le début de l’influence occidentale sur l’architecture japonaise.
Détail charmant : la possibilité d’emprunter un bus, un tramway et un train « à l’ancienne », sachant que pour le train il s’agit d’un véritable train à vapeur !
Autre destination que nous voulions visiter depuis longtemps : la péninsule d’Ise (伊勢湾).
Elle a même été un temps le thème unique de ce voyage, mais devant le prix des hôtels – à l’époque les solutions comme AirBnB n’existaient pas – il aurait fallu un voyage de groupe, or c’est une thématique un peu spécifique.
Pour ce voyage-ci, il n’a donc pas été question de voyager dans toute la péninsule, mais déjà de visiter le sanctuaire Ise-jingu (伊勢神宮) : le sanctuaire shinto le plus important du Japon.
Le trajet de la gare d’Ise au sanctuaire est mémorable : nous avons probablement trouvé le plus vieux taxi du Japon, une voiture à boîte mécanique et dont le disque d’embrayage menace de rendre l’âme à chaque changement de première en seconde et réciproquement.
Le sanctuaire ayant été reconstruit en 2013 (il l’est tous les 20 ans), tout parait étonnamment neuf, mais le bois est beau et son odeur agréable.
C’est un endroit où passent trop de touristes à mon goût : idéalement la prochaine fois, nous logerons à côté, pour que je puisse y être au lever du jour.
A noter que sur le trajet entre Nagoya et Ise, nous passons à côté du légendaire circuit de Suzuka : du train, on aperçoit la Spoon Curve.
Par contre, le circuit est vraiment en rase campagne, je me demande bien où logent tout ce monde lorsqu’une course a lieu.
Ce soir là également, une fausse alerte du système de détection des séismes, apparemment causée par le temps orageux, a fait croire à un séisme de 9.1 d’épicentre dans la baie de Tokyo… instant de panique d’après les media, mais je veux bien le croire, parce qu’en recevant l’alerte sur le téléphone (application Yurekuru) j’étais content que l’on se trouve à 300 km…
Dernière excursion depuis Nagoya : une promenade de 8 km dans les Alpes Japonaises, que l’on voulait faire depuis longtemps également, l’ancienne route de Nakasendo (中山道), entre les vieux relais de postes de Magome (馬籠宿) et Tsumago (妻籠宿).
Le temps pouvait être à la pluie, il n’y aura qu’un soleil de plomb… Heureusement que la majeure partie de la promenade se fait à couvert de la forêt.
Nous commençons par Magome, envahi de touristes, et ça grimpe fort d’entrée, pour se retrouver à plus de 2000m, mais ensuite très peu de touristes empruntent la route, du coup on peut voyager tranquillement et se croire dans Mononoke, lorsque Ashitaka et Jiko voyagent ensemble sur la route.
Arrivés à Tsumago, nous retrouvons quelques touristes, plus rares, avant de reprendre le bus qui va nous conduire dans une tout petite gare de rase montagne.
Nous y croisons une dame de l’office du tourisme qui parle Français.
Dans le train, Babichou et moi entamons une partie de go sur mon téléphone : nous ne savons pas jouer, mais Babichou a adoré Hikaru no Go et cela fait passer le temps.
Sauf que le hasard fait qu’un Monsieur âgé, qui se trouve à côté de nous dans le train, est en fait un 3ème dan de Go et ne peut résister à l’envie d’une partie pédagogique avec moi… Malheur, je ne connais rien au go et je n’arrive à sauver la face qu’en plaçant bien ses pierres là où il voulait et en plaçant quelques unes des miennes correctement.
Dommage de ne pouvoir profiter davantage de cette expérience aussi sympathique qu’enrichissante, son anglais valant malheureusement mon japonais.
Néanmoins, par le placement des pierres et quelques gestes, il arrive à faire passer quelques principes et cela me donne envie d’apprendre : à suivre 🙂

Quelques expériences de la vie au Japon ?
A Nagoya, nous avons eu la chance de tomber dans un quartier résidentiel, où se tenait un matsuri le dernier week end de juillet.
Ces fêtes de quartier sont vraiment sympathiques : vous passez à côté et on vous invite à entrer dans le square de quartier où se déroule la fête.
Vous vous retrouvez aussi embringués à vous exercer au taiko, bref à participer à la fête.
Le soir-même, en rentrant des courses, nous tombons sur la même fête, mais dans le quartier où nous habitons : les courses déposées à l’appartement, nous y retournons avec un Babichou revêtu de son yukata : beaucoup plus de monde, sans doute parce que c’est le soir, mais même ambiance sympathique.
Une autre expérience a été de faire livrer les bagages de l’appartement de Nagoya au dernier hôtel près de l’aéroport à Narita.
L’idée était de ne pas avoir à s’encombrer de 3 valises et un énorme sac de sport, en sus des sacs à dos.
Pour moins de 45€, on vient chercher vos bagages chez vous et vous les retrouvez deux soirs plus tard à votre hôtel, 400km plus loin.
Néanmoins, si nous sommes maintenant rodés avec la procédure, la première expérience ne s’est pas déroulée sans accroc : si ce ne fut certes pas Waterloo, ce fut loin d’être Arcole, et il nous fallut bien 3 appels au service clients – dont deux dans un anglais incompréhensible – et un rendez-vous manqué (ce n’était pas rendez-vous à 18h pour 4 items, mais rendez-vous entre 16 et 18h…) pour parvenir à nos fins.
Cela dit, pour un rendez-vous reprogrammé après 17h à l’arrache le même soir de 18h à 21h, la personne de Yamato Kuroneko est passée à 18h01.
Auparavant nous avions rempli les bordereaux et ce ne fut pas de la tarte, notamment parce que le site d’aide en anglais est faux 🙂
Nonobstant nos efforts de premiers de la classe pour rendre des devoirs impeccables, l’adresse de destination saisie à l’occidentale perturbait le système : heureusement, en passant par le site web de l’hôtel, le livreur a pu trouver l’adresse en japonais.
Franchement ça vaut le coup de ne pas s’embêter avec les bagages si vous avez un long trajet en transports en commun à effectuer : moins de 45€ pour 400 km et presque 100kg de bagages en 48h, ce n’est pas du vol.