Jours 11, 12, 13, 14 : transition de Tokyo.

Jour 11 : un autre Kamakura
A Tokyo, fais comme les Tokyoïtes : le week end on file à Kamakura (鎌倉市), sur l’océan Pacifique et autrefois capitale du shogunnat de fin XIIème à début XIVème siècles.
Mais cette fois, nous irons dans un Kamakura moins touristique, sur les lieux d’une série que nous avons beaucoup aimée : Saigo Kara Nibanme no Koi (最後から二番目の恋).
Accessoirement, cet itinéraire nous conduit à emprunter la ligne électrique à voie unique Enoshima, pour aller du côté du temple Hasedera, mais on commence par les petites rues et un petit sanctuaire.
Pour la pause déjeuner : okonomiyaki (j’ai déjà détaillé l’an dernier, cherchez bien).
Entre deux visites : pause glace.
Pour terminer une journée de week end tokyoïte à Kamakura : la plage !
Pas trop de monde, mais beaucoup de monde pour une plage japonaise tout de même. Le Babichou se baigne et nous trempons les pieds.
Sur le chemin du retour, nous passons par Nakano broadway, un immeuble quasi dédié aux joies des collectionneurs de jouets (de toutes époques), de figurines et d’à peu près tout ce qui touche de près ou de loin au monde de l’anime.
Il y a également un tout petit peu d’espace consacré aux maquettes, notamment au modélisme féroviaire, et le tout est organisé en boutiques dans une galerie marchande sur plusieurs étages.
Ce n’est plus non plus ce que ça a été et nombre de boutiques sont fermées, ce qui par endroit donnerait presque l’impression d’être dans un centre commercial de film de zombie à la Romero.
La raison principale de notre venue est de trouver des maquettes d’avion pour Papi.
Nous commençons à perdre espoir lorsque le miracle se produit : une boutique remplie de maquettes, pour certaines vintage, les plus anciennes étant également les moins chères.
Le critère de recherche est très ciblé : avions de guerre à hélice de la Deuxième Guerre Mondiale ou peu après, à hélice, au 1/72ème.
Nous trouvons pour autant une bonne demie douzaine de modèles qui iront remplir la valise au retour 🙂
Bien contents de notre trouvaille, nous nous arrêtons pour diner sur le chemin de retour, dans un restaurant de yakitori (encore ?!).

Jour 12 : rien, repos.

Jour 13 : les aventuriers du temple perdu

Dernière croisade avant de quitter Tokyo, une excursion décidée à la dernière minute et assez lointaine, puisqu’elle nous mène à 3h au Nord-Est de Tokyo, via un train de banlieue, un shinkansen, puis un autre train de banlieue.
Sur la route, nous croisons l’entreprise Denon – dont je suis plutôt amateur – et la ville de Fukushima.
Autant rompre le suspens et confirmer les craintes de chacun : bien que n’y étant passé qu’en train et s’y être arretés 3 minutes, nous avons pu effectivement constater les dégâts et apercevoir autant de nains à quatre pieds que de géants à deux têtes.
Trêve de plaisanterie : il n’y a évidemment aucune trace de la catastrope de mars 2011, la ville de Fukushima étant située relativement loin du littoral et de la tristement célèbre centrale, environ 70km, celle-ci n’a pas subi les outrages directs du raz de marée ni de l’explosion des réacteurs.
Le shinkansen continue, ralentissant un peu pour emprunter une voie de montagne passant entre les arbres et traversant moult tunnels plutôt étroits.
Allez, je profite de l’occasion pour parler à nouveau du shinkansen, le TGV Japonais qui fut mis en service pour les JO de 1964.
Comment dire… certes sa vitesse d’exploitation est moins importante que son homologue Français, mais pour le reste : de l’espace dans le siège, de l’espace pour les jambes – au point que le Japonais moyen peut caser sa valise entre lui et le siège de devant – des toilettes nombreuses et impeccables, le tout ponctué d’une ponctualité exemplaire.
OK, à la décharge du TGV, pas d’incivilité ici : personne ne songerait à endommager les voies, voler le cuivre, tirer le signal d’alarme sans raison, etc.
Pour autant, il y a néanmoins tout de même certainement quelque chose à creuser du côté de l’entretien des rames et du réseau ferré : peut-être quelque chose à revoir dans la direction et l’organisation du travail chez nous.
Nous arrivons donc, après ce petit périple, dans le Tohoku et la préfecture de Yamagata, dans la petite ville de province de Yamadera.
Cette ville n’existe en gros que par la présence du temple qui lui donne son nom : le Yamadera.
Et encore, je dis ville parce qu’il s’y trouve une gare et une poste, même s’il semble que cette dernière n’ouvre pas autant qu’elle l’indique sur sa porte : elle était belle et bien fermée à notre arrivée, après midi, puis notre départ, avant 16h.
Sorti de la gare, comme le dit la chanson, il suffit de passer le pont et c’est de suite l’aventure : le chemin vers le temple est emprunté de touristes locaux – nous ne croiserons en tout et pour tout qu’un seul occidental – mais il est pour nous l’heure d’un arrêt déjeuner.
Un restaurant de soba froide (nouilles fines de sarrasin) fait notre bonheur, tant en quantité, qualité, que prix.
La serveuse y parlait d’ailleurs un anglais impeccable, chose relativement rare pour être signalé : il y a sans doute quelque cause à trouver dans l’enseignement des langues vivantes au Japon – soit dans la pédagogie, soit dans l’intéret qui y est porté – puisque trop peu de Japonais parlent correctement l’anglais.
D’un côté, le pays est resté substantiellement autarcique en ce qui concerne son marché du travail et peu sont les Japonais qui voyagent à l’étranger autrement qu’en voyage organisé de groupe : il faut à tout prix éviter d’avoir à gérer un imprévu.
D’un autre côté, le pays a lancé depuis quelques années déjà le programme JET pour faire venir des professeurs et assistants de langue de l’étranger, et il y a aussi une volonté d’ouverture à l’étranger et de développement du tourisme qui va croissante : augmentation impressionnante du nombre de touristes, que nous ressentons réellement par rapport à nos premiers voyages, et organisation d’événements internationaux comme les JO ou la Coupe du Monde de Rugby (rappelons que lors de la dernière édition, le Japon a battu l’Afrique du Sud et est devenu le premier pays de l’histoire de la Coupe du Monde de Rugby à ne pas franchir les poules malgré 3 victoires, probablement à cause d’une défaite litigieuse contre l’Ecosse et un arbitrage à nouveau partial du Sud Africain Joubert, à qui nous devons de ne pas avoir gagné la Coupe du Monde 2011 contre les All Blacks… Même les Anglais l’ont reconnu, zut quoi).
Pour revenir à nos moutons, une chose est certaine : les Japonais qui ont la chance de parler anglais, ou bien une langue plus rare comme le français, sont friands de pouvoir échanger quelques mots avec autrui lorsque l’occasion se présente.
Ce sera d’ailleurs pour ainsi dire la seule cause qui fera qu’un Japonais vous abordera dans la rue, excepté sans doute pour vous venir en aide si vous semblez montrer avoir perdu votre chemin.
Après la pause déjeuner, sous un soleil de plomb, nous attaquons la série de temples, construits dès le XIXème siècle, à flanc de montagne : c’est splendide, mais la splendeur se mérite au prix d’un millier de marches.
Une pause glace bien méritée après la redescente, puis nous reprenons la petite ligne de train et un shinkansen, pour rentrer à Tokyo pour une dernière nuit.

Jour 14 : au revoir Tokyo, ici Nagano
Il est temps de partir de Tokyo et c’est peut-être là l’occasion de donner un peu son avis sur cette ville : finalement je n’aime pas Tokyo.
Je reconnais à Tokyo un côté pratique, commode, facile même, où on trouve rapidement tout ce que l’on souhaite : shopping, spiritualité, nourriture, loisirs, verdure.
Pourrais-je habiter à Tokyo ? Oui assurément, mais pas n’importe où, et sans pour autant y prendre plaisir.
Après, c’est peut-être y vivre réellement qui me ferait changer d’avis, en appréciant la diversité des moyens de transport permettant de s’évader, la possibilité de faire à peu près n’importe quoi à n’importe quelle heure, comme les studios de musique par exemple.
Bref, au revoir Tokyo, en route pour Nagano, rapidement rejoint par la magie du shinkansen.
Ausitôt arrivé, aussitôt véhiculés : nous récupérons la voiture de location, une Toyota Corolla Fielder, autrement dit une berline break moyen de gamme, la Mégane Estate locale.
On file aussitôt dans la montagne et le village de Togakushi, pour rejoindre notre ryokan : Oshi ryokan (越志旅館).
Nous ne faisons qu’y déposer les valises, mais déjà l’aspect extérieur laisse présager un dépaysement fort sympathique, et filons ensuite déjeuner des galettes bretonnes japonaises au Kagamiike (鏡池どんぐりハウス) : le cadre est champêtre et le repas délicieux, un bon moment de détente dans la fraîcheur de la montagne.
Il est temps de visiter, via une promenade forestière et alpestre, la série de sanctuaires : fraîcheur et beauté, que demander de plus.
Nous rentrons enfin au ryokan, pour un bon bain relaxant et un diner traditionnel : délicieux.
Le propriétaire de l’endroit a la particularité d’être un prêtre shinto et de parler très bien anglais. Nous discutons un bon moment et il me conforte dans l’envie d’aller aux sancturaires d’Ise dans la dernière partie du voyage.
Sur son conseil, nous nous lèverons plus tôt demain pour emmener le Babichou au village ninja : tatatin !