Jour 11 : le secret des banquises

Départ de Rausu, pas trop tôt le matin car nous prenons notre temps.
Nous longeons la côte est de Hokkaido sur toute sa longueur, tranquillement, avec un arrêt dans une supérette (les fameux 7 Eleven), où nous demandons le chemin d’une pharmacie : la réponse nous ramène à la réalité des limites de notre Japonais 🙂
Nous nous arrêtons également à un « point d’observation des cygnes », qui s’avère être bien plus que cela, carrément un bâtiment entier de 2 étages, équipé en jumelles de marine (et même une lunette numérique Kowa, avec affichage sur écran), et proposant une rétrospective historique sur la question des îles Kouriles, toujours actuellement disputées entre la Russie et le Japon (rappelons que techniquement, le Japon et la Russie sont toujours en guerre depuis la seconde guerre mondiale).
Cette rétrospective est intéressante car elle illustre bien les griefs concernant ces territoires, griefs que l’on pourrait comparer à l’Alsace-Lorraine pour l’Allemagne et la France.
L’observation des cygnes vaut elle aussi le détour, comme au lac Kussharo, sauf que nous sommes cette fois en bord de mer, une bande de glace formant une large plage où les cygnes ont loisir de prendre leur envol et se poser, au gré de la recherche de nourriture ou du sens du vent déterminant le meilleur endroit où s’abriter : nous assistons à plusieurs vols d’escadrilles de cygnes à leur hauteur, c’est comme dans le Peuple Migrateur, l’ULM en moins.

Nous continuons notre route le long de la côte, où se rassemblent pêcheurs et pêcheries, ici dans des hameaux, là dans des villages, là-bas dans de petites villes industrielles.

Nous finissons par arriver au lac Furen et à notre destination : la minshuku (pension de famille) Furen, tenue par Matsuo-san, ornithologue plus qu’émérite et parfaitement anglophone.
C’est à la fois rustique et chaleureux, simple et confortable : on est vraiment dans l’ambiance de la pension de famille japonaise, où le bois, le thé vert, et les poêles à pétrole font qu’on s’y sent bien.

Après nous être reposés du trajet et avoir discuté un bon moment, nous repartons nous promener et – vu le temps qui nous reste avant la nuit – allons en voiture faire le tour de la péninsule de Nemuro, l’endroit le plus à l’Est du Japon.
Nous croisons des oiseaux du plus petit au plus gros, des daims, un renard roux, dont le pelage se confondait admirablement avec la végétation de type « pâturage marécageux » (mais l’eau en moins, en tous cas sous forme liquide).
Cette région là fait vraiment penser au grand nord, tant par sa topologie, sa végétation, que ses maisons éparses et colorées, dont certaines abandonnées voire en ruine (mais il n’est pas rare de voir une vieille maison laisser en ruine s’écrouler d’elle-même avec une maison plus neuve sur le même terrain, voire à côté).
Après tout, c’est le « grand nord » le plus au sud sur le globe : il n’y a pas de banquise plus au sud que Nemuro.

Nous rentrons à la minshuku pour un moment de repos et de bain chaud avant le dîner : c’est à nouveau succulent et copieux… comment font-ils pour manger autant et ne pas grossir ?