Jour 7 : la cabane au fond des bois

Ballade sur les hauteurs de Utoro le matin, au coeur du parc naturel de Shiretoko, pour aller voir la chute d’eau dite Furepe.
Il y a deux ans, l’ambiance était fantomatique, un brouillard assez épais recouvrant la falaise, et des daims s’y promenaient.
Cette fois, de la neige partout évidemment, mais un ciel bien dégagé : un pic se joue de nous en se faisant entendre tout en restant caché.
Juste avant d’arriver au bord de la falaise pour observer la cascade, nous apercevons des daims qui paissent en famille sur le haut des pentes de la falaise, à un endroit où elles sont suffisamment « douces » pour eux : bonne séance photo pour une scène très familiale.
La cascade est en partie gelée, c’est vraiment joli ; nous avons également une vue magnifique sur la banquise ; nous croisons d’autres jeunes daims « en pente douce ».

Retour par un autre chemin, où un pic – autre ? même ? – se joue à nouveau de nous : nous finirons par le trouver, pour ne le voir que s’envoler… tant pis !
Nous n’avions pas pris les raquettes et le regrettons un peu sur ce chemin de retour, où le tracé semble fait pour supporter le poids moyen japonais, pas celui d’un japonais en portant un autre sur ses épaules 🙂
Nous croisons un groupe en ballade, qui reste bouche bée de nous voir « chaussures nues » et nous montre qu’il nous faut chausser des raquettes : il faut dire que s’enfoncer aléatoirement d’un pied et d’une profondeur aléatoires nous donne une démarche entre Igor (Igoooooorrrrrr ! Oui maîtrrrre…) et Quasimodo, ce qui donne de bons moments de rigolade, et fait travailler bien comme il faut les muscles et articulations.
Fin de la ballade, nous enchainons avec le centre forestier qui se trouve là pour y prendre une boisson chaude de bon aloi et y trouver des souvenirs du cru sympathiques.
Le restau qui s’y trouve est fermé l’hiver, nous redescendons donc retourner à l’izakaya de la veille : le patron nous reconnait, forcément 🙂

Nous déjeunons cette fois d’une autre spécialité du coin : le poulet, frit ou bouilli.
L’émission du moment est un concours de chant populaire, à la croisée entre l’école des fans et la chance aux chansons : une vingtaine de candidats tous âges, sexes, et styles vestimentaires confondus, chantent à leur tour et pendant une minute une chanson de leur choix, aujourd’hui (ou chaque émission ?) dans le style contemporain traditionnel qui a connu son heure de gloire de l’après-guerre à la fin des années 70.
Bon et bien le poulet, comme la qualité des participants… c’est pas trop ça : on ne peut pas toujours gagner 🙂

L’après-midi nous retournons sur les hauteurs pour une ballade en raquettes (et bâtons) dans un parcours forestier à nouveau, non pas côté mer comme le matin, mais côté montagne.
Les paysages sont sublimes, le temps magnifique, mais côté renard : nada… nonobstant les très nombreuses traces de pattes que nous pourrons observer.
le seul animal que nous verrons est une musaraigne, morte de froid, d’une glissade, ou d’un rhume mal placé.
Nous croisons tout de même deux vieilles maisons de bois, les dernières habitations occupées par des « pionniers » dans le parc naturel après-guerre.

Retour au centre forestier pour une nouvelle boisson chaude réconfortante : le centre ferme, nous partons avec nos gobelets à moitié plein (faut dire que ça ferme à 16h, ce qui leur laisse à peine une heure pour ranger, fermer, et redescendre en ville avant la nuit).

Sur le parking, les boissons à la main, je mets le pied sur une plaque de glace noire : c’est le pied d’attaque et nous sommes en pente, il n’y a donc rien d’autre à faire que s’étaler de tout son long 🙂
Je réussis tout de même à amortir ma chute en lâchant les boissons (i believe i can flyyyyyyyy !) et en claquant la main au sol (moi qui n’ai pourtant jamais fait d’art martial)
Résultat : je sens bon le chocolat chaud et je me suis entaillé la paume sur la glace… bon en fait, après examen, j’ai de la chance : c’est juste un hématome.
Et surtout : je ne portais aucun matériel sur moi.

En redescendant vers la ville, nous nous arrêtons en chemin pour assister au coucher de soleil depuis un point de vue superbe sur les montagnes, la ville, le port, la banquise.

Une journée bien remplie, le lit sera bon.