Jour 2 : il suffit de passer le pont

Lever avant l’aube, afin de pouvoir être sur le pont au lever du soleil.
Pas de souci sur la route, c’est l’heure bleue et on y voit franchement bien.
En passant nous croisons un autre bras de rivière, plus petit, plus caché, beaucoup moins facile pour y installer son trépied. Mais des grues y dorment aussi, en petit groupe serré et un pied dans l’eau.
Si le pont est une expérience non satisfaisante, nous pourrons revenir là.
Nous arrivons en vue du pont et… le retour de l’usine : 3 rangées de trépieds sur le pont, alors que le soleil montre clairement que son lever ne sera ni rose ni violet, et que les arbres ne sont pas recouverts de givres.
Certes un groupe de grue relativement important s’apprête à se réveiller et prendre son envol dans l’heure pour rejoindre les points de nourrissage, mais bon franchement pas de quoi rester dans le froid et la promiscuité.
D’ailleurs les grues doivent sans doute elles-aussi s’amuser de ce spectacle d’humains échassiers à 5 jambes dont 3 amovibles, venant se réchauffer également au petit jour. Sont un peu bête ces humains de ne pas avoir compris que c’est les pieds dans l’eau qu’il fait le moins froid 🙂

Bon, nous repartons en direction de notre premier endroit : il ne va pas être facile de se garer et de trouver où se poser… nous prenons une route parallèle, où une bande de terre, de fermes, et de marécage nous sépare de ce bras de rivière.
Nous finissons pas trouver où poser la voiture, un peu à l’arrache certes, mais bon notre voiture dispose sur la lunette arrière d’un macaron « conducteur d’outre-mer » sur lequel nous comptons beaucoup pour se faire pardonner.
En théorie cet autocollant sert simplement à indiquer la nature « non autochtone » du conducteur afin que les conducteurs autochtones – comprendre de Hokkaido, pas du Japon – puissent anticiper notre comportement.
En pratique cet autocollant signifie en gros : « conducteur respectant les limitations de vitesse : à doubler dès que possible ».
Et oui : à Hokkaido, les limitations de vitesse c’est pour les étrangers, autrement dit tous ceux qui ne vivent pas à Hokkaido 🙂
Déjà en été c’est toujours un grand moment de se faire doubler en montagne et en cote par un camion, mais là sur la neige voire la glace…
En tous cas la DDE ne chôme pas ici pour déneiger, et c’est toujours une organisation où l’effectif est celui nécessaire, pour que tant le travail lui-même que la signalisation ou la régulation du traffic soient effectués correctement.
Alors, nous posons donc la voiture sur le bord de la route, chaussons nos raquettes et nous dirigeons vers un chemin qui relie la route au bras de rivière susdit.
Au passage, 3 grues ayant apparemment élu domicile à la ferme – il y fait plus chaud que dans la rivière : merci les chèvres – nous gratifie d’un numéro très « coq », où le jeu consiste à monter sur un tas (de neige en l’occurrence, mais montrons-nous un peu force d’imagination) et pousser son cri une fois au sommet, accompagné par la pédale rythmique des aboiements du chien.
La synchronisation avec le lever du soleil renforce l’impression de réalisme du tableau, où le bucolique ne le dispute qu’au pittoresque.
Nous nous engageons sur le chemin et réalisons de suite que les raquettes ne seront ni luxe, ni chi-chi : on s’enfonce copieusement dans la poudreuse, ce qui est assez fatigant, mais super sympa quand même.

Après cette ballade, d’une heure tout de même, nous allons déjeuner au Elegant Café, chalet en bord de route tenu par une mamie : curry délicieux, déco chaleureuse, baie vitrée et observations des oiseaux à la mangeoire.

L’après-midi, retour à l’enclos « libre » pour photographier et observer les grues.
Enfin la soirée s’est résumé à : onsen, dîner, onsen, dodo.