Jour 6 et 7 : Fuji-san ou la revanche de Koyo

Jeudi 7 et vendredi 8 : mont Fuji (富士山).

Improprement traduit par Fuji yama, il faut en fait l’appeler Fuji san.
Le « san » n’est pas celui de « Monsieur » ou « Madame » (さん) mais une des lectures du kanji 山 qui signifie « montagne » et qu’on lit habituellement « yama ».

Debout de bonne heure pour avaler les deux heures et quelques de trajet qui nous séparent de Kawaguchi-ko (河口湖), au nord du Fuji-san, un des 5 lacs qui le surlignent.
Nous récupérons alors la voiture de location au Toyota rent a car du coin, qui nous connait déjà pour l’épisode resté célèbre de « la voiture pour 10 pour des permis pour 9 » 🙂
La voiture est un Vellfire, suffisamment confortable pour accueillir 7 personnes sans bagage autre qu’un petit sac à dos chacun.
Pour les amateurs, une petite illustration :

Toyota Vellfire

Nous commençons par contourner le lac Kawaguchi pour rejoindre l’hôtel : le Sunide Resort, où nous avions déjà séjourné lors de notre première visite au Fuji san, à l’occasion de Sakura 2010, tout comme pour Nikkō.
Cet hôtel ne paie pas forcément de mine de l’extérieur, mais les chambres sont somptueuses avec fauteuil massant (un régal), rotenburo (露天風呂 : bain extérieur dont l’eau provient d’une source chaude naturelle, chose assez commune au Japon du fait de la nature volcanique de l’île) dans la chambre, et vue directe sur le Fuji san  au-delà du lac.

Nous sommes en avance sur le check-in, nous nous contentons donc de déposer les bagages, avant de repartir déjeuner (un restaurant local dont la spécialité sont les nouilles : je m’y régale de soba froides) et nous promener, notamment dans le Momiji Kairō (椛回廊 : corridor d’érables), où de part et d’autre d’un petit canal se succèdent des érables dont le feuillage de certains a changé, l’un au rouge, l’autre au jaune.
Au bout du canal, la boutique maison d’un vieux papi qui propose des maquettes d’avion, navires, et de Thomas le train & ses amis, toutes en bois.

Les nuages finissent par se lever un peu et nous commençons à apercevoir le Fuji-san : j’ai oublié de mentionner que chaque visite est l’occasion d’un chassé croisé et d’un jeu de cache cache entre le mont sacré et ses visiteurs.

Retour à l’hôtel pour prendre possession des chambres et se changer avant d’aller dîner : les hôtels comme celui-ci, de type Ryokan (旅館 : auberge traditionnelle), proposent à leurs hôtes de revêtir à l’intérieur un ensemble veste et yukata (浴衣 : kimono léger, porté l’été ou à l’intérieur). Nous décidons de tous les revêtir pour le dîner, tout aussi somptueux que la chambre, de type Kaiseki (懐石 : cuisine traditionnelle servie dans une myriade de petits plats), arrosé de vin blanc local et de sake délicieux.

Une bonne nuit de sommeil me mène à l’aube et une vue, comme l’autre fois, dégagée et magnifique sur le Fuji san.
Il n’y a pas à dire : le voir en photo c’est quelque chose, mais le voir en vrai… Je profite de la vue depuis le rotenburo et tente quelques photos, mais la brume atmosphérique est de sortie 🙁

Petit déjeuner, gargantuesque, avec vue sur le Fuji san toujours, puis séance photo pour profiter du ciel bien bleu.

Check out, photo de groupe avant de partir, et en avant pour rejoindre la route à péage qui monte à la 5ème station : l’endroit le plus haut sur le Fuji san que l’on peut atteindre en véhicule (2300 m).
C’est une route de montagne, où les couleurs d’automne s’en donnent à coeur joie, et où de temps en temps on aperçoit le Fuji san ou la vallée et les lacs.
Sur une portion, la route est même « sculptée » en « boite à musique » : une note de musique, puis une clé de sol, peintes sur la chaussée, préviennent de l’arrivée sur ce passage où le goudron est rainuré de telle sorte que lorsqu’on roule dessus à la vitesse maximum autorisée (50 km/h), le frottement des pneus joue une mélodie… grandiose ! Une version moderne du parquet siffleur anti-ninja en quelque sorte.

La 5ème station est assez touristique, plutôt fréquentée – il y a même une poste – mais c’est l’occasion de retrouver un petit temple et un petit boui-boui de montagne, où on se régale pour pas plus cher qu’en bas. A nouveau, quelques mots de Japonais ouvrent bien des portes.
Depuis le petit temple, on voit bien en contrebas le lac Yamanaka et la mer d’arbres qui s’étend aux pieds du mont.

Nous redescendons, direction le lac Yamanaka justement, d’où on est censé avoir la plus belle vue sur le Fuji san : effectivement, le long de la rive opposée, une bonne centaine de photographes sont alignés, alors que le soleil va passer derrière le mont, pour immortaliser l’instant. Nous nous arrêtons un peu plus loin, pour faire de même, mais depuis un ponton sur le lac.

Retour à la gare, nous réussissons à changer nos billets de bus pour un autre plus tôt et allons rendre la voiture, avant d’attendre que le bon bus arrive. Le hasard nous échoie un bus aux couleurs de Thomas le train et ses amis 🙂
Ronron général une fois en route, et tant mieux parce qu’un accident sur l’autoroute a provoqué un ralentissement : ralentir pour regarder est donc universel…
Arrivée à Shinjuku de nuit, petit bain de foule pour rejoindre la gare et, 4 stations plus loin, nous voilà rentrés : fatigués, mais bien contents de cette escapade.

Demain : electric city et une célèbre vue du pont.