Jour 1 : quand on arrive en ville

Ce qui devait arriver, arriva : je finis par m’endormir, à peu près au lever du soleil (après 3h30 donc) pour faire une sieste du matin.
Bref : on émerge passées 9h… je me maudis.

On décolle sur les coups de 10h30 pour un petit déj dans un Tully’s Coffee, où le menu «brioche lard fromage vinaigre aillé, avec un plein mug de ristretto qui tabasse» me promet la meilleure des journées à venir.
Note : il fait beau.

Au passage, nous longeons l’agence Toyota rent a car à côté de l’hôtel et voyons le modèle de voiture qui nous attend : une Vitz, l’équivalent ici d’une Yaris. Ce sera parfait.

Tentative d’utilisation de la connexion Internet de l’hôtel : c’est en fait du wifi, uniquement dans le lobby, avec une bande-passante inférieure à la 3G chez nous, et une stabilité à faire peur.
C’est en fait une connexion diesel d’antan : faut attendre un peu que ça chauffe avant de tenter d’accéder, et c’est assez poussif.
Il ne faudra pas compter faire autre chose qu’envoyer un ou deux mails et poster un billet.

Nous allons déjeuner dans un restaurant de curry (à la japonaise, vraiment différent du curry indien) repéré la veille dans un des grands magasins.
curry de porc pané pour moi : カツカレ. Pas le meilleur que l’on ait mangé, mais ça fait du bien.
Placés à une table de 4, nous échangeons pour une table de 2 lorsqu’une jeune maman avec sa grand-mère et son tout petit babichou arrivent pour manger : elles sont aussi contentes que surprises… c’est là un des aspects négatifs du Japon, sans doute parce que l’individu s’efface au profit du groupe, il n’y a finalement pas vraiment de place pour l’individu, et du coup on ne laisse pas la place aux personnes âgées dans les transports, par exemple. S’il arrive pourtant que les restaurateurs demandent à des clients de changer de place pour des questions de fragmentation, cela n’aurait pas été le cas ici pour laisser une place plus confortable au lieu d’une place suffisante.
Tout ce monde nous remercie donc, et au moins on laissera une image de bon étranger (外人).

Après ce bon repas, passage par le centre touristique (autrefois on disait «syndicat d’initiative») : nous trouvons deux cartes, l’une en japonais et l’autre en anglais, ainsi qu’une gentille dame à l’anglais impeccable pour nous réserver pour le lendemain une navette qui nous mènera de l’hôtel au musée des cristaux de neige.
Celui-ci est parait-il intéressant, bien q’un peu kitsch, mais ce qui nous intéresse principalement dans l’histoire est le bureau de la Japan Automobile Federation qui se trouve en face, et dans lequel nous allons faire traduire nos permis de conduire (formalité obligatoire pour utiliser un permis français au Japon). Ceci dit, si la traduction doit prendre un certain temps, nous irons effectivement visiter le musée 🙂

Départ ensuite pour la tournée des brasseries de sake : Asahikawa est renommée pour son sake (dont l’eau provient des neiges éternelles des montagnes du Daisetsuzan, sus-citées) et la maison Otokoyama – littéralement : l’homme montagne – est très renommée également.
Néanmoins, la brasserie Otokoyama étant en fait un peu loin, nous allons faire aujourd’hui les deux accessibles à pieds depuis l’hôtel, Taisetsu et Takasago.

Cette dernière propose un musée qui retrace son histoire depuis , ainsi que ses spécificités, comme le «ice dome» : les cuves de ce sake sont ensevelies sous la neige pour une fermentation «à froid».

Note : il fait beau.

Nous gagnons ensuite la brasserie Taisetsu, et repérons au passage les supermarchés dans lequel nous pourrons nous approvisionner une fois la voiture à nous : biscuits secs pour la route, et thé vert au décalitre.
La brasserie susdite propose principalement une boutique où l’on trouve tous leurs produits, avec dégustation : nous craquons pour un sake pétillant fruité, ainsi qu’un umeshu (vin de prune) choisi pour sa bouteille (mais de toutes façons le umeshu c’est bon, c’est tout).

Chemin du retour : nous longeons la rivière qui coupe la ville en deux et gagnons un parc dans lequel amis ou familles se retrouvent pour le barbecue dominical, avec toute la logistique idoine et la compagnie des corbeaux qui viendront ramasser les miettes. Deux rapaces tournent dans le ciel, je leur ferai coucou tout à l’heure.
La promenade sur les berges est super sympa, avec les montagnes en arrière-plan, la rivière, et du vert…

Retour à l’hôtel pour se délasser un peu après cette bonne marche, puis nous partons en quête d’un endroit pour dîner.
Nous croisons un énième distributeur de prospectus urbain (le distributeur, pas les prospectus), cette fois pour un restau de brochettes et grillades… mmmm ça nous dit bien ça, par contre le petit plan ne nous parle pas trop, du coup nous revenons sur nos pas et lui demandons où se trouve le restaurant : il ne parle pas anglais, nous parlons peu japonais, mais on comprend qu’il nous demande si c’est pour manger maintenant, nous répondons oui, et là… magie du Japon ou simplement la seule habitude de se donner les moyens pour atteindre le but recherché, en tous cas ni une, ni deux, le jeune homme nous dit qu’il nous accompagne.
Effectivement, on n’aurait pas trouvé tous seuls 🙂
Le restaurant est en sous-sol, c’est courant ici, tous comme en étage, éclairage ad hoc et jazz / bossa nova, ce qui donne une atmosphère feutrée à cette petite salle (4 tables et un comptoir, pour maxi une vingtaine de personnes). Le jeune homme en question reste pour s’occuper de nous, en rassemblant ses trois mots d’anglais et nos quatre mots de japonais, on finit par s’entendre sur le menu : poisson grillé et umeshu pour Mymy, menu brochettes et Guinness pour moi.
Le petit plus : l’entrée d’asperges sauvages à la tomate.
C’est vraisemblablement un restaurant familial, comme il y en a tant, et tant le service que la cuisine sont irréprochables : on se régale, pour pas cher en plus…

Retour à l’hôtel, après un passage par l’un des nombreux convini (convenient store: コンヴィニ, supérettes ouvertes 24×7, dont le modèle statistique de réassort automatique est juste génial) pour y prendre un dessert (bah ouais quoi), que nous mangeons accompagné du sake pétillant et de café devant le dernier épisode de Pride.

Au dodo… pour 2 heures… ça promet une journée difficile, à moins d’une nouvelle sieste matinale, mais pour le moment j’ai la pêche : photos du jour triées et traitées, billet rédigé.
Ah il est 4 heures, Asahikawa s’éveille : c’est aussi pour ça que j’aime le Japon, le soleil s’y lève tôt.

Tout à l’heure : traduction des permis, récupération de la voiture, puis en route pour la campagne et rejoindre Biei et Furano.