Jour 26 : Takamatsu song

Oh show me, the way, to the next sushi bar…

ce pourrait être le début d’une chanson, en tous cas ce qui nous a préoccupé un bon moment à Takamatsu.

Bon, l’intérêt du coin réside quand même dans le fait de mettre le pied pour la première fois sur l’île de Shikoku, a priori la plus petite des quatre îles principales du Japon.
Qui plus est la préfecture de Takamatsu est la plus petite du Japon.
Mais surtout cette ville renferme les restes d’un des rares châteaux construits en bord de mer, ainsi qu’un des quatre plus beaux jardins du Japon.

Déjà le trajet pour y aller emprunte la ligne dite « marine liner » et effectivement cette ligne permet d’avoir une vue magnifique sur le chapelet de petites îles qui parsème la mer intérieure en passant du Chugoku à Shikoku.
Qui plus est, le temps est de la partie et on voit franchement bien, y compris le paradoxe habituel entre nature sauvage ou préservée et bétonnage intensif juxtaposé, avec notamment un site pétrochimique est l’occasion de voir un méthanier gigantesque en cale sèche.

L’itinéraire classique à Takamatsu est simple : on descend à la gare principale, on rejoint le chateau à deux pas, puis on traverse une arcade commerciale de 2km (la plus longue du Japon, peut-être du monde) et on arrive au jardin.

Le château, en cours de reconstruction en ce qui concerne le donjon, montre tout de même enceinte et jardin, ce qui permet de constater qu’en effet il était vraiment au bord de la mer, au point que l’eau des douves en provenait, par un système dont le mécanisme est aujourd’hui malheureusement perdu.
Le jardin du chateau est également intéressant, avec un chemin de pierre intégral.

Vient le tour de l’arcade commerciale, hyper éclectique, mais tout de même assez fournie en boutiques de luxe.
C’est à ce moment que l’on commence à se mettre en quête d’un shushi bar : la fin du voyage approchant, l’envie de poisson cru se fait pressante.
Nous avons cherché, cherché, trouvé un simili restau de poisson dans lequel on ne pouvait pas caser la poussette, ce qui nous a fait renoncer car le Babichou dormait à ce moment-là et la perspective d’un repas calme n’a pas de prix 🙂
Nous finissons par arriver au bout de l’arcade, près du jardin et nous demandons à un koban (poste de police) qui nous indique qu’il n’y a pas de sushi bar à Takamatsu (!?) et pas de restau dans le coin du jardin, mais plutôt dans le coin du parc central, plus haut à mi-chemin de la gare…

Tant pis, on enchaine avec le jardin : effectivement, il est immense (le tour complet prend 2h, il y a un chemin de 1h adapté aux chaises roulantes, donc aux poussettes) et franchement super joli, même si celui de Kanazawa garde ma préférence.

Nous remontons vers la gare, toujours en quête d’un restau, mais également pressé désormais par le temps : Laurent doit récupérer ses valises à la consigne avant 16h30 (il reste sur Shikoku le lendemain pour aller voir les tourbillons de Naruto).
Du coup on se décide à aller à la gare pour récupérer ses bagages et sur place voir ce qu’il peut y avoir comme restau, ou au pire demander au syndicat d’initiative.
Bien nous en prend : l’étage de la gare comporte un sushi bar, ainsi qu’un café « gauffre belge et glaces » qui feront tous deux notre bonheur.

Le sushi bar était vraiment excellent, et typique : en France on appellerait ça un boui-boui, on y mange au comptoir, debout, avec guère plus de place que six personnes à la fois, mais le choix et la qualité du poisson…
Trois clientes sont là en même temps que nous, typique de la sortie entre copines japonaises de 40 ans, et font des coucous au Babichou tout en socialisant avec nous, à croire qu’on est un peu le fait marquant du jour.
Faut dire que j’ai attaqué d’entrée en demandant six suhis au thon, ce qui a apparemment marqué les esprits, et comme mes commensaux n’ont pas été en reste, on a définitivement intrigué ces dames, fort sympathiques.

Retour à la gare ensuite et un trajet encore plus beau qu’à l’aller avec le soleil rasant sur la mer intérieure.

Demain : journée relâche et dernière journée, on doit rejoindre l’hôtel à côté de l’aéroport le soir.