Jour 7 : la fête à la grenouille

Le programme de la journée en 3 points : de la pluie, de la pluie, de la pluie.

Du premier pas dehors au dernier il n’a pas cessé de pleuvoir… dans le meilleur des cas c’était une simple pluie, mais on a aussi pris pas mal d’averse.
Je suis parti avec blouson, sac à dos avec sa protection intégrée en place et le coupe-pluie par dessus tout ça : le coupe-pluie est pas mal, vraiment déperlant, mais la capuche tient mal et si jamais un pli se forme ça fait gouttière qui se déverse ensuite sur le pantalon. De façons générale d’ailleurs, l’eau a tendance à passer du couple pluie au pantalon, donc prévoir pour la prochaine fois un sur-pantalon coupe-pluie également. Bref : pantalon trempé le temps de faire maison-métro (même pas 5 minutes)… Ça commence fort 🙂

Trajet en métro vers le nord, jusqu’au terminus, pour prendre un bus qui va vers le nord également : on a de la chance, on l’attrape de suite (il y en a un toutes les 40 minutes). On traverse des quartiers encore inconnus pour nous, on ne croirait vraiment pas en ville tellement c’est vert.
Après 20 minutes de bus on arrive enfin à notre destination : Ohara.

C’est une bourgade perchée dans les collines, environ 300m d’après le GPS, qui comprend un ensemble de temple, une cascade dite « silencieuse » et des parcours de trail avec grotte et autres temples « de montagne » autour du Konpira-san (577m, donc un petit dénivelé sympa et faisable).
L’averse continue alors qu’on commence l’ascension : comme il y a quelques touristes, tous japonais d’ailleurs, on décide de commencer par le haut pour visiter en redescendant. Le petit torrent qui recueille les eaux de pluie gronde et montre un débit impressionnant. D’ailleurs le chemin goudronné qui monte jusqu’à la cascade est recouvert d’une pellicule d’eau qui descend en continu, parallèle au torrent.

Comme la capuche ne tient pas et que mes cheveux vont finir par ne plus pouvoir absorber et déverser le trop plein dans mon cou ^o) je me décide à acheter le premier chapeau venu qui a l’air de pouvoir résister un peu à l’eau en croisant une boutique de parapluies etc. : la première boutique n’offre que du chapeau pas beau (ok on s’en fiche un peu) mais surtout qui va être moins efficace que mes cheveux, alors à moins de m’en servir comme serviette une fois et de repartir nu tête ça ne sert à rien.
Nous continuons donc l’ascension, puis croisons une deuxième boutique comme la susdite : je demande à voir ses chapeaux et la dame revient avec un lot de casquettes – elle m’éparne les chapeaux de fille – qui ont l’air de faire l’affaire, alors je me décide, et là miracle : la casquette fait que la capuche du coupe-pluie tient en place ! Et la visière absorbe suffisamment pour me faire un petit auvent.

La montée vers la cascade est assez longue, ralentie aussi il faut dire, et plutôt pittoresque : nous croisons des petits crabes, qui semblent habiter dans les creux du mur du pierre et aller vers le torrent pour chercher à manger, ainsi que des grenouilles. Ça me rappelle quand j’étais petit et qu’il y en avait dans le jardin, mais celle-ci sont vraiment toutes petites par contre, à peine plus grosses que les petits crabes.
Le chemin goudronné s’arrête avant la cascade, la pellicule d’eau qui recouvre le sentier atteint bien les 5cm, et il faut même traverser le torrent avec un pont pas assez large pour la poussette, puis grimper à flanc de colline : Laurent et moi y allons, les pieds commencent à être trempés (le gore-tex atteint ses limites lorsque le niveau d’eau atteint le haut de la chaussure) et même Laurent met le pied dans un mini « sable-mouvant » et heureusement qu’il avait des chaussures montantes… mais son pantalon est emboué jusque mi-mollet.
Nous arrivons donc à la cascade silencieuse… qui ne l’est pas 🙂 Je pense que le débit était trop important.
Hop on redescend pour aller au temple principal et son jardin d’hortensias : le temple est sympa, le jardin encore plus, mais malheureusement les hortensias ne sont pas encore en fleur.

La pluie redouble… on se pose dans un restau pour s’abriter et manger quelque chose de chaud. A chaque fois on débarque tout dégoulinants, je me demande comment on serait accueillis  en France.

Retour à la gare routière : moins de chance cette fois, le bus nous passe sous le nez… plutôt que d’attendre 40 minutes, nous prenons un bus qui va vers la gare centrale de Kyoto, en se disant qu’on trouvera bien un arrêt sur le chemin proche de notre ligne de métro. C’est effectivement le cas, le bus nous laisse à deux stations : la petite pluie qui tombe encore ne nous impressionne plus, nous finissons à pieds.

Arrivés à la maison, séance de déshabillage générale pour mettre à laver les fringues détrempées, et je me rends compte que j’ai été mordu à la cheville par je ne sais quoi (sangsue ?) et que ça a saigné velu 🙂

Pour se réchauffer et se délasser de cette journée de grimpette, Laurent et moi allons au sentô (銭湯), le bain public, institution japonaise s’il en est.
Le bain dépasse allègrement les 45°C : ça piquotte au début, mais ça fait du bien ensuite. En arrivant au sentô, nous croisons la grand-mère qui habite la maison voisine et qui en sort avec son petit fils : c’est l’occasion de socialiser un peu.