Jour 4 : le festival des cannes

Pour ceux qui ont suivi : pas de petit canal finalement, m’étant offert un 5 à 7 de bon aloi pour tenir la journée.

Le temps est entre deux : au moins on ne devrait pas attraper de coup de soleil (sur des paroles de Jean-Paul Dréau) et il fait tout de même plus de 20°C.
La lumière est un peu dure, mais tant pis.

Trajet en métro jusque la gare centrale, puis marche jusqu’au Toji-ji : en arrivant, un héron gris nous attend, impassible et quasi immobile, façon « nain de jardin bio ».
Toji-ji est célèbre pour sa pagode, effectivement de belle taille, sinon c’est un grand ensemble de temples, en pleine ville et c’est là son côté spectaculaire.
Le Babichou profite encore de l’occasion pour séduire tout ce qui passe, ça commence fort.

Après le Toji-ji, en route pour Fushimi Inari et ses enfilades de tori.
L’endroit est très impressionnant et très visité : en semaine, comme partout, on trouve surtout des groupes de collégiens avec leurs professeurs. L’un d’entre eux, avec leur professeur d’anglais, nous demande d’ailleurs s’ils peuvent prendre une photo avec nous : nous en prendront en fait quelques unes, c’est bien sympathique.
Mais c’est pas tout ça : les choses sérieuses commencent avec l’ascension du Inari San.
C’est modeste, il fait moins de 300m de haut, mais ce ne sont quasiment que des marches et avec une poussette ce n’est pas facile.
Néanmoins le paysage vaut le détour, toutes ces enfilades de tori sont vraiment impressionnantes.
Une fois à l’intersection des quatre chemins, pas tout à fait au sommet, comme nous ne faisons pas le circuit qui revient au point de départ mais continuons dans les collines vers Tofukuji, nous prenons un chemin inhabituel : le temps de vérifier la direction à prendre, le Babichou se fait des potes à grand renfort de tapes dans les mains avec quelques collégiens en goguette, ce qui le fait beaucoup rire.
La plupart des collégiens, principalement les garçons en fait, sont la plupart du temps content de s’essayer à deux, trois mots d’anglais : soit l’occidental est par défaut anglophone, soit nos kilos en trop nous donnent vraiment le look outre-atlantique…
La bonne direction trouvée, le chemin de croix continue en pente forte pour une ultime volée de marches… jusqu’à un mini cimetière. Là honnêtement on se dit qu’on est monté pour rien.
Je fais le tour à travers le petit dédale de tombes et en fait il y  a bien un chemin de l’autre côté, ni indiqué, ni super facile d’accès : ce versant n’est apparemment jamais emprunté… sauf par des bûcherons apparemment puisque nous tombons sur un petit chantier et un parking avec une demie-douzaine de mini camions « à la japonaise » (faudrait se lancer dans l’import de ces trucs-là, ça ferait un malheur auprès des artisans et des collectivités locales).
Mais du coup bonheur : les marches cèdent la place à un chemin goudronné, qui descend en bonne pente d’ailleurs, aïe les genoux.
En bas de ce sentier, on débouche sur le petit quartier résidentiel qui se trouve entre cette colline et justement le Tofukuji. Ce quartier est d’ailleurs vraisemblablement huppé, les maisons sont grandes, avec jardin, et grosses berlines. Nous croisons une mamie en scooter qui échange des coucous avec le Babichou et nous indique une direction, que nous ne suivons pas, la carte nous indiquant que le temple se trouve plutôt sur la droite. Bon, le temple est en fait en contrebas et sans accès direct de ce côté-là, un cimetière moderne paysager marquant le bout du chemin que nous avons choisi 🙂
Hop on repart dans la direction indiquée par la dame et on finit par arriver au Tofukuji.

Un ensemble de temples de plus, certes, mais dans un cadre autrement plus vert et sympathique. Trois gouttes tombent, l’heure tourne, et il nous reste encore à rejoindre le Daigo-ji pour boucler la journée.
Hop direction la gare la plus proche, mais là la confiance aveugle en la carte me fout dedans : au niveau de zoom où j’étais, les deux lignes nationale et privée qui sont parallèles à cet endroit-là se confondait, si bien que la gare vers laquelle je nous ai fait diriger était une gare de ligne privée, pas de la ligne nationale que nous devions emprunter… damned.
Bon on aurait pu la rejoindre en une station, pour 1€, mais il aurait fallu attendre au moins un quart d’heure et le temps presse : on repart donc, encore, sur nos pas, pour une petite trotte d’1km environ. Cela dit, ce n’est pas inintéressant de traverser de nouveaux quartiers.
Nous attrapons un train rapide, ce qui place notre changement pour la ligne de métro sur laquelle se trouve le Daigo-ji (et notre maison accessoirement) à une station d’où nous sommes.

De la station de métro Daigo jusqu’au Daigo-ji, c’est à nouveau une grimpette vers une colline (et au-delà !) que nous effectuons à pieds.
Le Daigo-ji est un autre ensemble de temples, également au vert, avec notamment un jardin d’eau prometteur.
Mais ce sera malheureusement pour une autre fois : nous arrivons sur les coups de 16h45 et c’est déjà fermé… malédiction. Il faudra revenir.
La pluie se met à tomber, la température reste correcte, nous entamons la descente de retour vers le métro pour rentrer, ce qui se fera finalement après une halte au centre commercial attenant à la station.

On peut dire que c’est un grand centre commercial, parce que le supermarché est de la taille d’un grand Monoprix de chez nous, ce qui correspond à un hypermarché selon les standards japonais.
Nous avons donc été bien inspiré, parce que le choix est plutôt important, ce qui nous permet de nous ravitailler en matière première pour faire la cuisine.
Première grosse petite crise pour le Babichou, qui ne comprend pas pourquoi on prend un paquet de « tatos » pour le mettre dans le panier et ne pas lui en donner. Comme il est fatigué, c’est d’autant plus l’occasion de grosses larmes et les explications (d’abord on donne les sous à la dame à la caisse, après on peut manger les « tatos ») restent vaines, jusqu’à ce qu’à la caisse justement, on tombe sur les « tatos vouvou koala » qui l’ont régalé la veille,  que je prenne un paquet, lui montre en réexpliquant, mais cette fois en faisant en sorte que ce soit Laurent qui prenne le paquet avec ses courses à lui : deux secondes de grosses larmes redoublées, mais il voit malgré tout qu’il y a la dame à la caisse, plus un monsieur qui prend les affaires dans notre panier puis dans celui de Laurent, pour les remettre dans les paniers ensuite… miracle ou pas, les larmes s’arrêtent illico et il restera sage pendant les deux minutes qui le sépareront du premier « tato ».

Après les courses, c’est l’heure d’une collation (nous avons déjeuné sur le pouce seulement plus tôt dans la journée) : le choix est important, mais nous optons pour un McDo – mega mac pour les uns et mac crevette pour Mymy – sauf Marilyne qui, pour représenter la diversité, opte pour le KFC. Comme les tables sont communes à tous les snacks de la galerie, ça ne change rien, on peut choisir ce qu’on veut et manger malgré tout ensemble.
En tous cas le Babichou aime les frites du McDo 🙂

Retour à la maison, en quelques stations de métro, pour un peu de repos, un bon verre de bière, et un coucher bien mérité après cette journée de montée des marches au festival des cannes.

Demain la météo semble à la pluie, de même que pour les prochains jours. Tant pis, on fera avec, pour déambuler de Higashiyama au Kyomizu-dera, en traversant les petites rues de Gion.